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Comment vérifier si un nom de marque est disponible ?

IP Mark

8 novembre 2026

Diapositive « L'approche en droit des marques » présentée par Philippe Rodhain lors de la conférence de l'AIDV

Vous avez trouvé un nom pour votre produit, votre entreprise ou votre nouvelle gamme. Avant de commander le logo, d'imprimer les emballages ou de réserver le nom de domaine, une question s'impose : ce nom est-il libre ? Les bases officielles permettent d'y répondre en partie, gratuitement et en quelques minutes. Mais la réponse qu'elles donnent est rarement celle que l'on croit.

1. Commencer par les bases gratuites

En France : DATA INPI (data.inpi.fr). La base de l'INPI permet de rechercher les marques françaises, ainsi que les marques de l'Union européenne et les marques internationales qui produisent leurs effets en France ou en Union européenne. On y cherche par nom, par titulaire ou par numéro.

En Europe et au-delà : TMview. https://www.tmdn.org/tmview/#/tmview Gérée par l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), la plateforme TMview rassemble dans une seule recherche les marques de plus de 80 offices, dont l'INPI et l'EUIPO. Elle permet de filtrer par territoire, par classe de produits et services et, pour certains offices, de chercher par image. Nous lui avons consacré une fiche pratique.

Les autres registres à ne pas oublier. Une marque ne se heurte pas seulement à d'autres marques. Une dénomination sociale, un nom commercial ou un nom de domaine antérieurs peuvent aussi lui être opposés : l'INPI les cite parmi les droits sur lesquels une opposition peut être fondée. Une recherche sérieuse passe donc aussi par les registres des sociétés et des noms de domaine.

2. Comprendre ce que la recherche gratuite ne montre pas

Les bases gratuites cherchent à l'identique. Elles disent si votre nom exact existe déjà. Or la plupart des conflits de marques ne portent pas sur des signes identiques, mais sur des signes similaires : une orthographe voisine, une prononciation proche, une traduction, un même concept.

L'INPI le dit lui-même : la recherche à l'identique est gratuite sur ses bases, mais la recherche de similarité, qui compare l'orthographe, le son et le sens, est une prestation payante. Et l'INPI précise qu'il fournit les résultats sans les interpréter.

Autrement dit : une base qui ne renvoie rien ne veut pas dire que votre nom est disponible. Elle veut seulement dire que personne n'a déposé exactement ce nom.

3. Raisonner par produits et services, pas seulement par nom

Une marque ne protège pas un nom dans l'absolu, mais un signe pour des produits et services déterminés.

Ainsi, deux marques identiques peuvent coexister lorsqu'elles désignent des produits ou services sans rapport : c'est le cas de MONT BLANC, pour des stylos et des crèmes dessert, ou de MAZDA, pour des automobiles et des piles, exemples expressément cités dans les directives de l'INPI.

À l'inverse, deux noms différents peuvent entrer en conflit lorsqu'ils présentent des ressemblances importantes et désignent des produits ou services identiques ou similaires. L'affaire PROXELLI / ROXELLI (INPI, 10 octobre 2024) illustre cette situation : l'ajout d'une seule lettre n'a pas suffi à écarter la forte proximité visuelle et phonétique entre les signes.

Les classes de la classification de Nice aident à organiser la recherche, mais elles ne tranchent rien : l'INPI rappelle que cette classification « n'a aucune valeur juridique ». Deux produits rangés dans des classes différentes peuvent être jugés similaires, et deux produits de la même classe peuvent ne pas l'être (Produits pharmaceutiques ≠ Aliments pour bébés en classe 5 ; Produits de l’imprimerie ≈ Services d’édition de livres en classes 16 et 41).

La règle essentielle : ce n'est ni l'identité des noms ni leur appartenance aux mêmes classes qui détermine, à elle seule, l'existence d'un conflit, mais l'appréciation globale des signes et des produits ou services concernés.

4. Faire analyser les résultats avant de s'engager

La difficulté n'est pas de trouver les marques proches, mais de savoir lesquelles représentent un vrai risque. C'est une question d'appréciation : ressemblance visuelle, phonétique et intellectuelle des signes, proximité des produits, notoriété de la marque antérieure, usage réel de celle-ci.

C'est le travail d'un Conseil en propriété industrielle : partir des résultats, les trier, et vous dire si le projet peut avancer, s'il faut l'ajuster, ou s'il vaut mieux changer de nom tant qu'il en est encore temps. Une recherche coûte toujours moins cher qu'un changement de nom après le lancement.

En résumé : la méthode en quatre temps

  1. Chercher à l'identique, gratuitement : DATA INPI, TMview, registres des sociétés et des noms de domaine.
  2. Lister les produits et services que la marque doit couvrir, aujourd'hui et demain.
  3. Faire une recherche de similarité sur les territoires visés.
  4. Faire interpréter les résultats avant de déposer, d'imprimer ou d'investir.

Pour aller plus loin :

👉 Pour faire vérifier un nom avant de le déposer : IP Mark : dépôt de marque et audit de portefeuille.

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